Dans l'univers fascinant de l'estampe japonaise, le terme « posthume » revient régulièrement. Pour un collectionneur, comprendre ce qui se cache derrière cette appellation est essentiel pour évaluer la rareté, la qualité et la valeur d'une œuvre.
Voici tout ce qu'il faut savoir sur ces tirages réalisés après la disparition de l'artiste.
Définition : L’estampe posthume (Ato-zuri)
Une édition posthume est une estampe imprimée à partir des bois gravés originaux (ou parfois de nouveaux bois fidèlement retaillés), mais dont le tirage a eu lieu après le décès de l'artiste.
Contrairement à la peinture, l'estampe est un art collaboratif impliquant trois acteurs : l'artiste (le dessinateur), le graveur et l'imprimeur. Puisque le "négatif" (les blocs de bois) survit à l'artiste, l'éditeur peut décider de continuer la production bien des années plus tard.
Les trois types de tirages à distinguer :
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Sho-zuri : Le premier tirage, réalisé du vivant de l'artiste et sous sa supervision.
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Ato-zuri : Le tirage tardif, réalisé après le premier succès, souvent par le même éditeur.
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Édition posthume : Un tirage effectué une fois que l'artiste n'est plus là pour valider les couleurs ou les détails.
Pourquoi produit-on des éditions posthumes ?
Le succès des grands maîtres comme Hokusai, Hiroshige ou plus récemment Hasui Kawase ne s’est jamais démenti. Les éditeurs (maisons d'édition historiques comme Watanabe ou Unsodo) ont souvent conservé les bois originaux pour répondre à la demande des musées et des collectionneurs du monde entier.
À noter : Une édition posthume permet d'acquérir une œuvre iconique avec une esthétique fidèle à l'original, mais à un prix souvent plus accessible qu'un tirage d'époque (vie de l'artiste).
Comment reconnaître une édition posthume ?
Identifier une édition posthume demande un œil exercé, mais certains indices ne trompent pas :
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Les sceaux de l'éditeur : C'est l'indicateur le plus fiable. Par exemple, chez l'éditeur Watanabe, la forme du sceau change selon la période de tirage (sceau circulaire, rectangulaire, ou "sceau de 6mm").
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L'état des lignes : Le bois est une matière organique qui s'use. Sur une édition posthume très tardive, les traits de contour peuvent paraître légèrement plus épais ou présenter de petites cassures (notamment dans les détails fins comme les cheveux).
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La palette de couleurs : Les pigments utilisés au XIXe siècle diffèrent des encres chimiques modernes. Les éditions posthumes ont souvent des couleurs plus vives ou, au contraire, plus plates.
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Le papier : Le papier washi moderne est souvent plus blanc et plus régulier que les papiers anciens plus fibreux et jaunis par le temps.
Quelle est la valeur d'une estampe posthume ?
Il serait faux de penser qu'une édition posthume n'a pas de valeur. Tout dépend de la qualité de l'impression.
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Les éditions posthumes de qualité : Certaines maisons d'édition (dont Watanabe) utilisent les artisans les plus talentueux du Japon pour garantir un rendu quasi identique aux originaux. Ces œuvres sont très prisées pour leur beauté décorative.
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L'aspect financier : Si un tirage original de la "Grande Vague" d'Hokusai peut atteindre des sommets en vente aux enchères, une belle édition posthume du XXe siècle permet de s'offrir un morceau d'histoire de l'art pour une fraction du prix.
Conclusion : Faut-il acheter une édition posthume ?
Tout dépend de votre objectif ! Si vous cherchez un investissement historique, privilégiez les tirages du vivant de l'artiste. Si vous recherchez l'émotion visuelle et la perfection technique des maîtres japonais pour sublimer votre intérieur, l'édition posthume est une excellente option.
Chez Rozalia'Art Gallery, nous indiquons systématiquement la période de tirage de nos estampes pour vous garantir une transparence totale.
