FAQ

Comment conserver une estampe japonaise ?

Comme tout ouvrage en papier, et notamment le papier ancien, quelques précautions permettent de mieux conserver vos estampes. Ces conseils valent également pour toute œuvre sur papier.

L'ennemi numéro un de l'estampe japonaise, comme de tout dessin ancien, est le soleil et la lumière. Lorsque vous exposez vos estampes encadrées, veillez à ce qu'aucun rayon de soleil ni lumière artificielle ne les frappe directement ; accrochez-les plutôt à contre-jour.

L'autre ennemi de la conservation est l'acidité des supports. Lorsque vous confiez votre estampe à un encadreur, demandez que le support et le passe-partout soient sans acide. Pour une conservation à plat, il existe d'excellents portfolios d'archivage sans acide, dans lesquels vous pouvez glisser vos estampes sans souci.

À titre indicatif, toutes nos estampes sont envoyées dans une pochette de protection sans acide, dans laquelle vous pouvez les laisser aussi longtemps que vous le souhaitez. Comme tout papier, l'estampe japonaise n'aime pas l'humidité. Trois règles simples, donc : pas de soleil ni d'éclairage direct, pas de support acide, pas d'humidité.

Qu'est-ce qu'une estampe japonaise originale ?

Une estampe japonaise n'est pas l'œuvre d'un seul artiste. Il s'agit d'un processus complexe faisant intervenir plusieurs personnes : l'artiste (celui que l'on connaît, Hiroshige, Hokusai...), le ou les graveurs, et le ou les imprimeurs, tous travaillant pour un éditeur.

Chaque estampe imprimée à partir des plaques de bois gravées originales est un original. Le dessin préparatoire d'origine (shita-e, ou « image du dessous »), réalisé par l'artiste, est en général détruit lors de la gravure des traits de contour.

Toute regravure ultérieure sans la supervision de l'artiste n'est plus considérée comme un original, quelle que soit la qualité du travail. Le succès de certaines séries, comme le Tōkaidō de Hiroshige, a toutefois entraîné plusieurs regravures voulues par l'artiste, parfois avec des variantes.

Le premier tirage s'arrête lorsque l'usure du bois donne des traits moins nets et des repères de couleur moins exacts, soit environ deux à trois cents épreuves. L'édition originale est alors terminée. Les éditions posthumes, réalisées plus tard à partir des bois d'origine, constituent un cas distinct, que l'on voit apparaître dans la seconde moitié du XXe siècle pour les artistes du shin-hanga.

Voir également, ci-dessous, la fabrication des estampes japonaises.

Comment fabrique-t-on une estampe japonaise ?

Il s'agit d'une technique faisant intervenir trois personnes sous l'égide d'un éditeur : l'artiste, qui fournit le dessin ; le graveur, qui grave les bois ; l'imprimeur, qui monte l'estampe. À chaque couleur correspond un bois gravé.

L'artiste réalise d'abord un dessin-maître, le shita-e (dessin du dessous), tracé en traits gras sur un papier suffisamment transparent. Ce dessin est retourné et collé sur une épaisse planche de bois, le plus souvent du merisier, parfaitement séché et poli dans le sens du fil.

Le graveur taille alors en creux, à la gouge, les parties destinées à rester blanches, épargnant les traits et surfaces qui recevront l'encre ; il détruit ainsi l'œuvre originale au cours du processus. Cette planche de trait est encrée et imprimée pour produire des épreuves quasi identiques au dessin. L'artiste prépare ensuite autant de feuilles qu'il y a de couleurs, donc de bois à graver, les zones à colorer laissées en relief sur de nouvelles planches.

L'imprimeur prend le relais : l'estampe est imprimée par passages successifs sur ces planches de couleur. L'ajustement de chaque planche est obtenu par des repères de calage, les kentō. L'encrage se fait en frottant le papier contre la planche encrée à l'aide d'un tampon, le baren, en corde de bambou. Certains noirs laqués, certains bleus, verts ou jaunes nécessitent plusieurs passages.

La combinaison de ces étapes aboutit à l'estampe achevée, avec toutes ses couleurs. Il faut une grande sûreté de geste et un œil exercé pour obtenir des lignes nettes et des couleurs juxtaposées sans bavure.